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Point de vue : le syndrome de fatigue chronique

Publié le
Dimanche 24 Juin 2012 à 15:12

26/03/2012

 

Point de vue : le syndrome de fatigue chronique

 

Le syndrome de fatigue chronique reste jusqu’à preuve du contraire un diagnostic difficile à établir. Il concerne 1% de la population mondiale , touchant 3 femmes pour un homme. Aux États-Unis, les minorités ethniques semblent plus affectées et la population asiatique,  en revanche, est à priori réfractaire à ce syndrome.

Des critères cliniques ont été définis en 1994 par Fukuda et collaborateurs. Ils associent une fatigue persistante depuis plus de 6 mois, une pharyngite, des ganglions cervicaux et axillaires, un mal de ventre, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête, des malaises après un exercice physique, un sommeil non réparateur et une difficulté à maintenir une position debout. Ils s’y associent des troubles de la mémoire et de la concentration et pour un sous groupe de patients une dépression. Cette dernière n’est pas la cause du syndrome de fatigue chronique mais plutôt une conséquence, les patients ne supportant plus leur condition, ayant un peu honte de leur état. Il a été suggéré que chez certains sujets atteints de ce syndrome il existerait des signes d’insuffisance cardiaque.    Jusqu’à  présent il n’existe aucun marqueur biologique de cette pathologie.

Les causes de ce syndrome sont complexes  et non élucidées. Ce n’est pas une maladie psychiatrique et pour 84 % des médecins neurologues anglais ce n’est pas non plus une maladie neurologique. Un mauvais fonctionnement du système immunitaire est souvent évoqué  ainsi qu’une origine infectieuse sans qu’aucune preuve formelle ne soit établie. Récemment une hypothèse virale a été avancée, une fois de plus. Elle concernait un rétrovirus (virus dont le matériel génétique peut s’incorporer aux chromosomes de la cellule) d’origine murine (qui vient de la souris). Ces données n’ont pas été confirmées par plusieurs équipes internationales  à la grande déception des patients qui pensaient enfin pouvoir bénéficier d’une thérapeutique anti-virale. Ce travail, remis en question ,pose le problème des artéfacts de laboratoire et l’association malheureuse un peu rapide de la mise en évidence d’agents infectieux dans certaines pathologies. : comme les rétrovirus murins et les cancers de la prostate et du sein, le rétrovirus félin et le rhabdomyosarcome (tumeur des muscles), un virus du singe et le mésothéliome (tumeur de la plèvre ; la plèvre est une tunique qui entoure le poumon). Les virus voire les champignons ou les bactéries mis en cause sont détectés plus par hasard ou comme artéfact que comme agent causal.

En l’absence de cause établie à l’origine de ce syndrome, il est difficile de proposer un traitement. L’utilisation  d’antibiotiques, d’antiviraux, d’agents stimulants l’immunité  aussi bien que le recours à des antidépresseurs n’ont pas donné de résultats concluants à long terme. Certains patients sont désappointés et   se tournent vers des médecines complémentaires telles que l’homéopathie, les massages thérapeutiques, l’acupuncture, les gymnastiques d’origine chinoise, et la phytothérapie, sans aucun succès. Quelques données dans la littérature soulignent l’effet bénéfique de la prise de magnésium. La pratique d’exercice physique approprié au cours de séances de kinesithérapie est redoutée, les patients ayant une véritable kinésiphobie  craignant d’avoir mal au moindre effort musculaire.

Ces patients, en l’absence de cause à leur pathologie et d’un traitement efficace, sont en souffrance. Ils expriment certains besoins, en particulier la reconnaissance de leur situation par le corps médical et une certaine empathie. Ils réclament par ailleurs une compréhension de leur entourage, notamment familial afin de retrouver une vie sociale, et une information continue sur leur pathologie.

En conclusion, il faut continuer à rechercher une étiologie au syndrome de fatigue chronique, de diagnostic clinique certes difficile, ce qui nécessite une approche pluridisciplinaire pour arriver à proposer aux patients concernés une thérapeutique adéquate.

Pr Frédéric Morinet
Professeur de Virologie-Université Paris-Diderot
Centre des Innovations Thérapeutiques en Onco-Hématologie (CITOH)
Groupe hospitalier Saint-Louis, Lariboisière, Fernand Widal (AP-HP)

 

 

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