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Première irradiation corporelle totale française en Tomothérapie à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP)

Publié le
Dimanche 24 Juin 2012 à 16:50

06 Avril 2012

 

Première irradiation corporelle totale française en

Tomothérapie à la Pitié-Salpêtrière (AP-HP)

 

En avril 2011, les Hôpitaux Universitaires La  Pitié Salpêtrière – Charles Foix (AP-HP) se sont dotés  d’un nouvel appareil de radiothérapie. Grâce à cet équipement de dernière génération, dénommé tomothérapie, l’équipe du Professeur Mazeron a réalisé le 13 mars dernier la première irradiation corporelle totale en utilisant cette technique en France sur une patiente atteinte de leucémie lymphoïde chronique. Le point sur cette technique.

Apparue aux Etats-Unis avant de se développer en France, la tomothérapie est l’une des dernières évolutions techniques de la radiothérapie de haute précision : elle associe dans un même équipement un appareil de traitement (accélérateur de particules) et un appareil d’imagerie (scanner). Cette technique permet de moduler l’intensité du rayonnement et de limiter l’exposition des tissus sains. La tomothérapie offre, de plus, une sécurité de traitement optimale par le contrôle, grâce à l’imagerie, de la mise en place du patient et de la localisation tumorale à chaque séance d’irradiation. .

Habituellement utilisé dans le traitement ciblé de certains cancers des voies aéro-digestives supérieures, de la prostate et du col de l’utérus, cet appareil offre aussi la possibilité de réaliser des irradiations corporelles totales pour les patients atteints de cancers hématologiques nécessitant une greffe de moelle osseuse*. L’avantage de la tomothérapie pour réaliser une irradiation corporelle totale est de pouvoir moduler les doses en fonction des besoins, afin de limiter la toxicité de l’irradiation sur un certain nombre d’organes sensibles peu touchés par la plupart des hémopathies malignes (poumon, cœur, foie, reins…) tout en conservant une fonction éradicatrice sur les masses tumorales principales (moelle, ganglions, éventuellement système nerveux central) et d’avoir une dose « homogène ». Cette technique permet aussi d’effectuer un contrôle qualité important et de positionner très précisément les patients en réalisant des scanners juste avant la réalisation du traitement.

Ainsi, une première irradiation corporelle totale par Tomothérapie a été réalisée à la Pitié Salpêtrière le 13 mars dernier. La patiente, atteinte d’une leucémie lymphoïde chronique, devait recevoir une allogreffe de cellules souches** hématopoïétiques après « conditionnement réduit » ( chimiothérapie et irradiation corporelle totale de 2 Gy).

Le calcul dosimétrique nécessaire à la réalisation de l’irradiation corporelle totale a duré 4 jours. Le plan de traitement obtenu respectait les critères ICRU (International Commission on Radiation Units), avec une grande homogénéité de dose sur tout le corps.Lors des contrôles qualité pré-traitement, la différence entre doses calculées par le logiciel et mesurées était inférieure à 2%.
La réalisation totale du traitement a demandé deux heures (mise en place de la patiente, contrôle du repositionnement et traitement) dont 24 min d’irradiation. Le positionnement de la patiente, contrôlé par 3 scanners, était quasi parfait par rapport à ce qui était prévu (écart entre la position de traitement prévue et réelle inférieure à 1 mm ).

Aujourd’hui, la France dispose de 12 appareils de Tomothérapies dont une à l’AP-HP. Depuis l’ouverture de la structure à la Pitié-Salpêtrière, 150 patients ont été traités et plus de 2000 séances réalisées. Les irradiations corporelles totales par Tomothérapie constituent un des axes de recherche de l’équipe du Pr Mazeron, à un niveau national et international, afin d’améliorer l’efficacité et la tolérance des traitements des patients nécessitant une irradiation corporelle totale. Dans un avenir proche, cette technique permettra d’irradier de façon plus importante la moelle osseuse tout en épargnant les tissus avoisinants (Total Bone Marrow Irradiation).

 « Grâce à la Tomotherapie, nous pouvons obtenir une qualité de traitement pour les irradiations corporelles totales que nous n’avions pas avant : dose homogène, modulation de la dose, contrôle qualité du traitement et repositionnement des patients très précis » précise le Dr Xavier Cuenca.

 Clémence Rémy et Anne-Cécile Bard

 

* Un grand nombre de maladies cancéreuses de la moelle osseuse et du sang, comme les leucémies ou les lymphomes par exemple, peuvent être soignés de façon efficace en remplaçant totalement la moelle osseuse du patient atteint par celle d’un donneur sain. Ce traitement correspond à ce que l’on appelle une « greffe de moelle osseuse », et plus fréquemment aujourd’hui une « greffe de cellules souches sanguines ». Dans ce cas, les patients sont irradiés afin de détruire les cellules cancéreuses et de faciliter la prise du greffon (création d’un espace pour le greffon et immunodépression du patient) avant la greffe, ceci constitue la phase préparatoire dite de conditionnement.

** transplantation des cellules souches saines issues d’un donneur chez un patient atteint de cancer une fois son traitement terminé.



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