Se connecter
Chargement ...

TÉMOIGNAGE06/01/2014 à 18h38 Hôpital de Chambéry : « Plus que des médecins, des anges gardiens »

Publié le
Mercredi 08 Janvier 2014 à 12:34

Héloïse, maman d’une prématurée



La ministre Marisol Touraine en visite à l’hôpital de Chambéry (Savoie), le 5 janvier 2014 (PHILIPPE DESMAZES/AFP)

Elles s’appellent Eloïse, Sophie, Nathalie. Ils s’appellent Dr Michel D., Dr Arnaud B., Dr Nathalie B. Ils sont tous au service des petits, des tout-petits, des tout-tout-petits, de ceux qui sont nés mais qui ne devraient pas encore l’être. Ils travaillent tous au service de réanimation néonatale de l’hôpital de Chambéry (Savoie).

MAKING OF

Trois nourrissons sont morts, début décembre à l’hôpital de Chambéry (Savoie). Ils avaient été alimentés par des poches alimentaires contaminées par une bactérie. Depuis que l’affaire a été rendue publique il y a trois jours, Héloïse voit à la télé les visages de ceux qui ont permis à sa fille, née dix semaines avant terme, de vivre. Elle a eu envie de leur rendre cet hommage. Mathieu Deslandes

Ils sont aujourd’hui, malgré eux, sous les feux de la rampe, après le décès de trois nourrissons, dont deux prématurés, début décembre. Ils sont assaillis par les médias, à la recherche bien compréhensible de la vérité.

Dans leur unité ultrasécurisée, où on n’entre normalement qu’après avoir décliné son identité, s’être lavé les mains avec un gel spécial, enfilé une blouse, une charlotte, des protège-souliers et un masque, pénètrent aujourd’hui une ministre, des conseillers, des journalistes, des enquêteurs et bientôt des juges.

Leur vie a basculé, tout comme la vie de ces trois familles, qui ont perdu leur enfant. Mais ces enfants partis trop vite ce sont aussi les leurs, les enfants du service. Des enfants pour lesquels le personnel s’était battu jour après jour pour les choyer, soigner, faire grossir et les ramener à la vie.

Ma fille ne pesait qu’1 kg

Comme ils l’ont fait, il y a tout juste deux ans, avec ma fille, restée de longues semaines dans cette unité de soin ultraspécialisée. Née à Thonon-les-Bains (à 600 km de chez elle), avec plus de deux mois et demi d’avance et ne pesant qu’1 kg, ses chances de survie étaient maigres.

Comprenant la gravité des faits et la nécessité de l’intuber très rapidement, c’est le chef de service, le Dr Michel D., qui est venu la chercher en ambulance pour la rapatrier dans son service à Chambéry.

Qu’est-ce que j’ai pleuré, ce jour-là, qu’est-ce que j’ai pleuré. Ma fille si petite qui part avec un homme que je n’ai jamais vu seule en ambulance. Moi la Parisienne contrainte à l’exil à Chambéry avec un bébé entre la vie et la mort. Son père et moi absolument pas prêts à devenir parents, incapables de comprendre pourquoi tout a basculé en deux heures à peine...

« On fera tout, tout pour la sauver »

C’est le visage inoubliable de cette infirmière, à mon arrivée en pleurs et encore traumatisée, qui m’a dit « on fera tout, tout pour la sauver ».

Ce sont les bras d’une autre qui me tenaient lorsque je craquais face à un nouvel arrêt respiratoire.

Ce sont les mots réconfortants d’une troisième, qui m’assuraient que ma fille réagissait à ma voix lorsque je descendais dans l’unité.

Ce sont les sourires bienveillants d’une autre soignante, qui me donnaient la force de ne pas m’écrouler quand de jour en jour son poids déjà bien faible diminuait.

Ce sont les blagues d’une autre qui me disaient « au moins votre fille ne vous entendra pas pleurer, mais rire. Cela lui donnera envie de vous connaître ».

C’est la patience des médecins qui m’a appris moi aussi à penser que « chaque jour est un jour de gagné ».

Le sentiment d’avoir touché Dieu

Du temps, j’en ai passé dans cette unité. Au total six semaines, et pas loin des 24 heures sur 24, à apprendre à devenir maman malgré les alarmes, les fils, les capteurs, les seringues d’1,5 mL de lait, les sondes gastriques et à veiller sur mon bébé si frêle et si fragile.

Pendant ces six semaines, NOUS avons tous veillé sur elle. Car plus que des infirmières et des médecins, ce sont des anges gardiens, qui ne comptent pas leurs heures ni leur fatigue pour rester bien plus tard qu’il ne le faudrait pour surveiller un bébé qui ne va pas bien ou qui a besoin de soutien.

C’est à ce service exceptionnel auquel je pense aujourd’hui. Aucun mot n’est assez fort pour leur dire combien je les estime et combien je soutiens leur dévouement quotidien pour la vie, aussi fragile soit-elle. A vos côtés, moi qui ne suis pas croyante, j’avais le sentiment d’avoir touché Dieu.

Dans cette épreuve terrible, mes pensées accompagnent aussi les parents qui ont tant de fois, comme nous à l’époque, cru au pire et tant de fois espéré le bonheur.

Commentaires
Ajouter un commentaire

Articles Suggérés
Dernières notifications du site
a créé un nouveau document
 
il y a 10 heures
a rejoint le réseau CH Andrée Rosemon
 
il y a 10 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 10 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 12 heures
a créé un nouveau document
 
 
il y a 13 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 15 heures
a créé un nouveau document
 
a rejoint le réseau CH du Nord-Mayenne
 
il y a 15 heures
a rejoint le réseau MAIRIE DE ST GENIS POUILLY
 
il y a 15 heures
vient de créer un nouveau réseau MAIRIE DE ST GENIS POUILLY
 
il y a 17 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 18 heures
a rejoint le réseau CSSR de Caudebec
 
il y a 18 heures
vient de créer un nouveau réseau CSSR de Caudebec
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
  • 1/1
Fédération Hospitalière de France
Fédération des Etablissements Hospitaliers & d'Aide à la Personne
resah idf
UniHA
What's Up Doc, partenaire de Réseau Pro Santé
Vidal.fr - La base de données en ligne des prescripteurs libéraux