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Dépistage du cancer colorectal : agissons maintenant

Publié le
Lundi 20 Janvier 2014 à 12:08
FHF
Réseau public -
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- Autres

Parce que le cancer colorectal tue encore aujourd’hui en France 18 000 personnes par an, la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE) se mobilise pour sauver des milliers de vies supplémentaires en demandant la mise à disposition, dès cette année, d’un nouveau test de dépistage.

Le cancer colorectal touche en France, chaque année, 42 000 personnes supplémentaires, dont près d’une sur deux y succombera. Pris à ses débuts grâce au dépistage, il peut être guéri dans la plupart des cas. Mieux, on peut l’éviter, puisque la plupart des cancers du côlon et du rectum sont précédés par une tumeur, bénigne celle-là, le polype adénomateux.

LE DÉPISTAGE TOUS LES DEUX ANS

Au début, les cancers colorectaux et les polypes adénomateux ne donnent pas de symptômes, mais ils sont souvent à l’origine d’un saignement non visible à l’œil nu : on parle de saignement occulte. Il est bien établi que la recherche de ce saignement occulte dans les matières fécales, grâce au test Hemoccult réalisé tous les deux ans, permet de réaliser, en cas de positivité, une coloscopie.

Cette coloscopie permet de détecter, puis de traiter des cancers à un stade précoce, mais aussi de faire une prévention du cancer en retirant des polypes adénomateux avant leur transformation maligne. On obtient ainsi une diminution substantielle de la mortalité par cancer colorectal chez les participants au dépistage d’environ un tiers.

La France est un des premiers pays à avoir proposé ce test de dépistage, tous les deux ans, à tous les assurés sociaux âgés de 50 à 74 ans dans le cadre d’un programme organisé. Ce test présente l’intérêt d’être simple, acceptable, sans danger, peu coûteux et à l’efficacité démontrée. Ces données ont conduit la Commission européenne à recommander la mise en place du dépistage du cancer colorectal dans les Etats membres.

LES TESTS IMMUNOLOGIQUES, UN PROGRÈS MAJEUR

Une nouvelle génération de tests, les tests immunologiques, est maintenant disponible. Elle représente un progrès considérable. En effet, les tests immunologiques (commercialisés par deux laboratoires japonais et un américain) sont spécifiques de l’hémoglobine humaine. Leur lecture n’est plus manuelle. Elle est automatisée avec des appareils permettant de déterminer la concentration d’hémoglobine dans les selles.

Cette nouvelle technique est plus facile à interpréter, minimise l’erreur humaine et autorise un contrôle de qualité. Le dispositif du test lui-même se présente comme un tube plastique contenant un liquide de transport. Sur le bouchon du tube est fixé un bâtonnet strié permettant de collecter des selles en les piquant. Il n’y a plus besoin de prélever un fragment de selles, ce qui rend la réalisation du test plus facile et mieux acceptée. Un seul prélèvement est suffisant (six prélèvements sur trois selles étaient nécessaires avec le test Hemoccult).

La simplicité de la manipulation explique une participation un peu plus élevée au dépistage. C’est un point important, car le succès du programme dépend de l’adhésion de la population.

Mais le progrès essentiel de ces nouveaux tests est une performance très accrue pour la détection des cancers (qui sont généralement découverts au début à un stade où l’ablation chirurgicale permet la guérison) et des polypes adénomateux, avant qu’ils ne se transforment en cancer. Le taux de détection des cancers, avant qu’ils ne donnent des symptômes, est doublé, c’est-à-dire que l’on passe de quatre cancers sur dix dépistés avec le test Hemoccult à huit sur dix avec le test immunologique. Il s’agit d’un progrès majeur.

On peut estimer le nombre de décès évités chaque année à environ 2 500 avec le test Hemoccult et à 5 400 avec le test immunologique. Le taux de détection des polypes adénomateux à haut risque de transformation en cancer est, lui, multiplié par quatre, ce qui permettra d’obtenir une diminution de l’incidence des cancers colorectaux. Le coût du nouveau test (un prélèvement) pourrait être le même que celui du test Hemoccult (six prélèvements). Les études médico-économiques concluent toutes à la supériorité des tests immunologiques.

UN STATU QUO FRANÇAIS INDÉFENDABLE

Ce progrès important a été admis par les institutions françaises depuis plusieurs années. La Haute Autorité de santé a recommandé, depuis 2008, le passage aux tests immunologiques et c’était une des priorités du plan Cancer 2 (2009-2013).

L’Institut national du cancer (INCa) a publié, en 2011, un rapport précisant les conditions de passage aux tests immunologiques au vu duquel Nora Berra, la secrétaire d’Etat à la santé, avait annoncé, en mars 2012, l’adoption de cette nouvelle stratégie à partir de début 2013.

Les pays européens qui commencent le dépistage utilisent le test immunologique. Il n’y a aucune bonne raison de retarder le passage aux tests de nouvelle génération et le statu quo persistant est indéfendable. Il entraîne une perte de chance pour les individus privés de l’accès à un test plus efficace.

C’est pourquoi la Société nationale française de gastro-entérologie, en accord avec la Fédération francophone de la cancérologie digestive et la Société française d’endoscopie digestive, a décidé d’alerter l’opinion publique.

Pour sortir de cet imbroglio, les autorités sanitaires, jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, annoncent la publication imminente d’un appel d’offres européen, première étape nécessaire du processus de mise à disposition, le plus vite possible, de ce nouveau test. Nous avons déjà perdu trop de temps : il faut agir maintenant.

Professeur Laurent Beaugerie, président de la Société nationale française de gastro-entérologie (SNFGE),

Professeur Jean-Christophe Saurin, secrétaire général de la SNFGE,

Docteur Bruno Richard-Molard, président de la Société française d'endoscopie digestive (SFED),

Professeur Jean-François Seitz, président de la Fédération francophone de la cancérologie digestive (FFCD),

Professeur Jean Faivre, président honoraire de la SNFGE,

Professeur Robert Benamouzig, administrateur de la SNFGE et ancien chargé de mission pour la mise en place du dépistage du cancer colorectal en France auprès du directeur général de la santé.

Les auteurs ne déclarent pas de conflit d’intérêts en lien avec ce sujet.

Article publié dans Le Monde du 13/01/2014 

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2014/01/13/depistage-du-cancer-colorectal-agissons-maintenant_4347325_1650684.html

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