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Devenir dentiste ou kiné ? Le diplôme s'achète à Toulon !

Publié le
Mercredi 16 Avril 2014 à 14:21
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Véronique Radier
Par Véronique Radier

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Publié le 12-04-2014 à 16h55

Malgré les incertitudes juridiques, la coûteuse université privée Fernando-Pessoa de Toulon continue à attirer les recalés des études de santé. Arnaque ou aubaine ?

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Chaque année, ils sont 55.000 à se ruer en Paces, la première année commune aux études de santé. Ils brûlent de devenir médecins, pharmaciens, sages-femmes, kinés ou dentistes. Mais seuls 17% décrocheront un concours ultra-sélectif, dont beaucoup regrettent qu'il n'entretienne qu'un rapport assez éloigné avec leur futur métier.

Surmotivés, disponibles, souvent soutenus à chaque instant par leur famille, 80% de ceux qui franchissent le barrage ont eu leur bac avec une mention bien ou très bien, 77% d'entre eux sont issus des milieux sociaux les plus favorisés... Les autres, soit quelque 45.000 étudiants, se retrouvent sur le carreau, malgré parfois de très bonnes notes.

Chaque université dispose en effet de son propre contingent de places - le fameux numerus clausus -, et l'on peut, d'une fac à l'autre, se trouver recalé malgré 14 ou 15 de moyenne aux épreuves, ou bien qualifié avec seulement 11 ou 10.

"J'ai tenté ma chance"

Comme beaucoup, Sébastien, 22 ans, a tenté deux fois la Paces. "J'ai travaillé comme un fou, je me suis donné à fond mais j'ai été 'reçu collé' : c'est-à-dire avec la moyenne mais pas le concours. Je me suis retrouvé sans rien, j'étais un peu perdu..." 

Alors quand il a su qu'une antenne de l'université privée portugaiseFernando-Pessoa ouvrait à Toulon, il n'a pas hésité : "J'ai tenté ma chance", dit-il, heureux de se retrouver aujourd'hui en deuxième année d'études dentaires. Même si, "condamné pour usage illégal du terme 'université' '', l'établissement toulonnais a dû se rebaptiser Centre libre d'Enseignement supérieur international (Clesi), on peut aujourd'hui, moyennant 9.500 euros l'année, y décrocher un diplôme portugais de dentiste, de kiné, d'orthophoniste.

Un dispositif alléchant pour les recalés des facs françaises puisque, après examen par une commission ad hoc, leur diplôme sera reconnu sur le sol français. Bruno Ravaz, directeur du Clesi, avocat, ancien président de l'université de Toulon, se défend bien sûr de toute visée mercantile : "J'ai voulu offrir une seconde chance à de bons étudiants qui, ayant la vocation, n'ont pas réussi les concours. Nous recevons énormément de candidatures..." Il assure que les 300 étudiants inscrits ont été dûment sélectionnés sur dossier et entretien.

Cours en portugais

Les deux premières années se déroulent en France, le reste de la scolarité à Porto. Dans quelle langue ? "En portugais, avec des résumés en anglais et une aide à la traduction. Les jeunes d'aujourd'hui adorent apprendre les langues et les examens seront en anglais", assure Bruno Ravaz. Sébastien se dit confiant : "Je parlais déjà l'espagnol et avec les cours de portugais qu'on nous propose, je me débrouillerai."

L'ensemble du cursus universitaire lui donne d'ailleurs satisfaction : "Bien sûr, je n'ai pas d'éléments de comparaison, mais nos enseignants sont des dentistes en exercice." Et d'expliquer : "Je fais juste comme tous ceux qui partent faire leurs études de santé à l'étranger, en Belgique, en Roumanie." Aujourd'hui, un quart des nouveaux inscrits à l'Ordre des Médecins ont obtenu leur diplôme à l'étranger.

Jean-Baptiste, 37 ans, cadre de l'industrie pharmaceutique en reconversion, et étudiant en première année de kiné au Clesi, est également ravi. "Franchement, par rapport à ce que j'ai connu à l'université pendant mes études de biologie, il n'y a pas photo !" Bénéficiaire d'un plan de conversion sur trois ans, sa formation est en grande partie payée par son ancien employeur, le reste sur ses économies.

Acheter son diplôme ?

"Je me suis bien renseigné sur les possibilités d'installation, j'aimerais racheter une clientèle dans ma région d'origine, en Rhône-Alpes..." Tenter sa chance dans le système français lui paraissait au contraire impossible : "Une à deux années de prépa privée, plus trois ans et demi de formation, je n'aurais pas pu financer mes études."

A-t-il pour autant le sentiment d'"acheter son diplôme", comme le déplorent syndicats et représentants des professions médicales mobilisés pour obtenir la fermeture du Clesi et empêcher l'ouverture d'une nouvelle antenne en banlieue parisienne ? Non bien sûr !

Pas plus que Léa, en première année d'orthophonie, cinq fois recalée en France, qui s'insurge : "Ceux qui réussissent les concours en France ne seront pas forcément les meilleurs professionnels. Devenir orthophoniste, c'est le rêve de ma vie !" Sébastien ajoute : "Les patients jugeront." 

Véronique Radier - Le Nouvel Observateur

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