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Douleurs chroniques : deux centres labellisés au CHU de Nancy

Publié le
Jeudi 06 Février 2014 à 09:07
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Douleurs chroniques : deux centres labellisés au CHU de Nancy

Les 2 Centres d'évaluation et traitement de la douleur adultes et enfants du CHU de Nancy rassemblent médecins, psychologues et infirmiers qui travaillent ensemble à rendre plus supportable la douleur chronique grâce à une prise en charge adaptée, médicamenteuse et non médicamenteuse.

Douleurs chroniques : deux centres labellisés au CHU de Nancy

 

D'une personne souffrant de douleurs chroniques, il est souvent dit : « Elle est douillette … Elle n'a pas assez de volonté… » Or, tous les spécialistes s'accordent à reconnaître aujourd'hui que la douleur est quelque chose de complexe. La preuve ? Des structures douleur créées au départ pour prendre en charge la douleur chronique, ont fait progresser la connaissance sur les différents mécanismes en jeu et sur les thérapeutiques possibles. En 2011, une circulaire de la DGOS a renouvelé la labellisation de ces structures par les ARS à condition que les équipes rassemblent médecin, psychologue et infirmier travaillant ensemble et qu'ils enregistrent 500 consultations par an minimum. C'est le cas des deux Centres d'évaluation et traitement de la douleur du CHU de Nancy : celui pour adultes à l'hôpital Central (plus de 1900 consultations en 2011) et celui de l'hôpital d'enfants. Explications. 

Les patients leurs sont adressés par le médecin traitant ou par un spécialiste qui ont déjà conduit eux-mêmes une prise en charge de la douleur mais, qui, souvent, se confrontent à une évolution négative ou insuffisante au regard des traitements proposés. L'avantage des centres installés dans les CHU, comme à Nancy, c'est l'unité de temps et d'espace, alliant pluriprofessionnalité et pluridisciplinarité. 
En principe, la première rencontre avec le patient se fait par une consultation pluridisciplinaire rassemblant médecin et psychologue ou psychiatre qui permet de remettre en lien le psychisme et le corps. Cette rencontre dure au minimum une heure car la difficulté réside dans la complexité liée à la douleur chronique, aux diversités des situations cliniques et dans la multiplicité des outils existant pour faire face à la douleur, sans pouvoir être sûr, à priori, de celui qui sera le plus efficace. Il faut individualiser la prise en charge pour que, dans un premier temps, le patient s'approprie les techniques qu'il utilisera ensuite de façon autonome. C'est là qu'intervient l'infirmière qui accompagne et donne des explications sur les appareils de neurostimulation par exemple.

Beaucoup de personnes pensent que les spécialistes du Centre vont supprimer leurs douleurs chroniques et ainsi leur permettre de revivre…C'est une erreur assez répandue parmi ceux qui, à cause de leur souffrance, ont perdu leur place au sein de leur famille voire même leur emploi. Facile alors de comprendre comment ces patients peuvent être focalisés sur cette douleur au détriment de tout autre projet de vie. 
« Les douleurs sont considérées comme chroniques dès lors qu'elles sont persistantes ou récurrentes au-delà de ce qui est habituel pour leur cause initiale présumée (le plus souvent au-delà de 3 à 6 mois), qu'elles répondent mal au traitement et qu'elles induisent une détérioration significative et progressive des capacités fonctionnelles et relationnelles » (source : Ministère de la santé). 
Leur diminution ne peut être que progressive et l'objectif des professionnels de santé est de la faire passer au second plan en permettant notamment qu'elle devienne plus supportable grâce à une prise en charge adaptée, médicamenteuse et non médicamenteuse : soit en lien avec la médecine physique (neurostimulation transcutanée – rééducation – programmes de réadaptation à l'effort), soit avec des techniques psychocorporelles (relaxation, hypnose, thérapie par la parole). Les patients concernés reviennent régulièrement au CHU via le psychologue, l'infirmière ou le médecin, tout ceci en collaboration avec le médecin traitant qui reste un partenaire incontournable.

La personne confrontée à des douleurs chroniques, souvent rejetée de son milieu familial et professionnel, vit ainsi un état « d'abandon » avec peu de lien social. Et pourtant, elle viendra généralement en consultation très tard parce que jusque-là, elle a « fait avec » ; elle se résout à consulter parce que la douleur la submerge. 
Cette éducation à l'endurance est ancrée depuis très longtemps avec pour conséquence positive d'apprendre à faire face. Les spécialistes du Centre du CHU de Nancy constatent, par exemple, que les personnes âgées ont beaucoup plus de difficultés que les jeunes générations avec les antalgiques (même basiques comme le paracétamol). Il est très compliqué de leur faire passer l'idée qu'il faut en prendre régulièrement en cas de douleur parce que, eux, considèrent que ce sont des calmants avec des effets secondaires. A l'opposé, beaucoup de gens ont des douleurs chroniques et, bon an, mal an, s'en sortent sans passer par les structures douleur parce qu'ils ont un traitement global adapté et qu'il y a un soutien de leur entourage.

Les Centres d'évaluation et traitement de la douleur ont une valeur plutôt rassurante pour les médecins hospitaliers car leurs missions répondent à un besoin non satisfait dans les services classiques. Ils continuent, poursuivent, prolongent la prise en charge des patients et ne les exposent pas à s'entendre dire « Je ne peux rien faire pour vous ! ». La persistance d'une douleur post opératoire par exemple, malgré tous les soins prodigués, peut être discutée, accompagnée pour permettre au patient de mieux y faire face. 
Si le message de santé publique sur la prise en charge de la douleur date de 1999, les premiers modules de formation initiale dans le cursus des médecins sur ce thème sont apparus 10 ans plus tard. La prise en charge de la douleur est un droit inscrit au chapitre L1110-5 du code de Santé publique français et elle entre dans les critères retenus par la Haute Autorité de Santé pour la certification des établissements. Pour une meilleure prise en charge, il faut que les patients s'accordent aussi le droit d'avoir mal.

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