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La médecine de parcours : une révolution lente mais nécessaire

Publié le
Mercredi 02 Octobre 2013 à 12:01
FHF
Réseau public -
21989
- Autres

Publié le 17 septembre 2013

[Citizen Press] - Remplacer des soins segmentés par une prise en charge globale des patients. Tel est le défi lancé par la « médecine de parcours ». Si le concept suscite l'adhésion des professionnels, il existe encore de nombreux obstacles à sa mise en place. Un premier pas a été franchi par les réseaux de santé, mais il reste encore beaucoup de progrès à faire.
Médecine de parcours

Médecine de parcours

Le concept de « médecine de parcours » a été mis en avant par le « Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie » dans un avis rendu en mars 2012. L’institution part d’un double constat : l’évolution du profil des patients et le déficit du système d’assurance maladie rendent incontournable l’adoption de nouvelles pratiques. En effet, le nombre de malades atteints de maladies chroniques ne cesse d’augmenter sous les effets conjugués du vieillissement de la population et de l’innovation médicale : selon la Haute Autorité de Santé (HAS), ils étaient plus de 15 millions en 2012, auquel s’ajoute plus de 9 millions de patients en Affection Longue Durée (ALD). Parallèlement, les dépenses de santé ne cessent d’augmenter pour assurer leur prise en charge. La médecine de parcours apporte la réponse adéquate à ces phénomènes. D’abord, parce qu’elle propose une prise en charge globale du patient : elle permet ainsi de prendre en compte les volets sociaux, psychologiques et médicaux des maladies chroniques et poly-pathologiques. Mais aussi parce qu’elle établit une meilleure coordination des professionnels qui lève les clivages habituels (entre le sanitaire et le social, par exemple) et qui élimine les actes inutiles.

De nombreux obstacles

Pourtant, il existe de nombreux obstacles à sa mise en place. Tout d’abord, elle semble difficilement compatible avec l’organisation du travail au sein des hôpitaux. Ainsi, les professionnels sont plutôt enclins à la sédentarité dans leurs services ; le fonctionnement des unités demeure assez opaque, et les professionnels, hyper spécialisés, adoptent plutôt une logique de secteur. Si on ajoute à cela le manque de temps, il semble difficile de construire une communication fluide. Ensuite, les relations entre les hôpitaux et les praticiens de ville n’est pas toujours évidente : les informations ne circulent pas correctement et les liens avec les assistantes sociales, par exemple, sont assez distendus. Il est donc parfois difficile de préparer la sortie d’un patient qui a besoin d’un accompagnement à son domicile. Enfin, il faut assurer la coordination de tous les praticiens autour du malade : il faut définir qui va assumer cette mission (un acteur interne ou externe au parcours), comment il va être financé et comment il va remplir concrètement son rôle. Une fois tous ces obstacles levés, une question demeure encore en suspens : celle du paiement. En effet, latarification à l’acte via la T2A favorise une rémunération fragmentée alors que la médecine de parcours suppose un accompagnement global, sans concurrence entre les praticiens.

Les réseaux de santé, une première étape

Pourtant, les prémisses d’une médecine de parcours sont d’ores et déjà à l’œuvre via la mise en place des réseaux de santé (introduits par la loi du 4 mars 2002) : il en existe environ 700 sur tout le territoire. La direction générale de l’offre de soins (DGOS) en a dressé un bilan contrasté : s’ils permettent une meilleure coordination grâce à des professionnels expérimentés et des outils spécifiques, leurs formes sont très hétérogènes et leurs résultats inégaux. La DGOS préconise donc un meilleur ciblage de leur activité et un recentrage sur leur fonction de coordination à travers un guide paru en 2012. Néanmoins, ils constituent une première étape vers la médecine de parcours au même titre que le dispositif de Communauté Hospitalière de Territoire (CHT) – une innovation de la  loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST). Ils permettent de tisser des relations de confiance entre les professionnels et de poser les bases d’une approche commune.

 

Sur le terrain, les avis sont contrastés. Du côté des patients, les changements ne sont pas encore perçus. Ils déplorent le manque d’anticipation à l’hôpital : « Quand un patient arrive en chirurgie, on ne se pose pas la question de sa convalescence. On ne s’en occupe qu’à la fin de son séjour, en urgence. Pourtant, sa maladie peut avoir un impact sur sa vie familiale, professionnelle et sociale. Les conséquences de la maladie font partie de la maladie » affirme Daniel Carré, président de l’association pour le droit de mourir dans la dignité (voir entretien). Du côté des praticiens, la machine est lancée, mais le processus est long à se mettre en place. Ils reconnaissent l’utilité de la médecine de parcours bien qu’elle soit difficile à traduire dans les faits. Une évolution est en marche, ralentie par le manque de moyens. Car, au-delà du schéma induit par le T2A, la médecine de parcours ne peut voir le jour sans ressources pour financer la coordination. Or, pour l’instant, aucune recette supplémentaire n’est prévue. Cet ultime frein est pourtant déterminant dans l’adoption de cette nouvelle pratique. 

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