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Sophie, 25 ans, infirmière et bizarrement, au chômage

Publié le
Mardi 11 Février 2014 à 13:40

Sophie, infirmière



Des passagers (Mark Fisher/Flickr/CC)

MAKING OF

Sophie, 25 ans, est infirmière en Basse-Normandie. Elle a répondu à une enquête sur l’insertion professionnelle des infirmiers [quicontinue], menée par la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (FNESI) qui nous a contacté.

 

D’après les résultats de cette enquête – c’est ce que confirme le témoignage de Sophie – et contrairement aux idées reçues, la première profession de santé ne connaît plus le plein emploi. Rue89

Infirmière, j’obtiens mon diplôme d’Etat en juillet 2012. Mais à ce moment-là, ma situation est telle que je prends le parti de chercher un emploi juste après, et de recourir pour cela aux agences de travail par intérim.

Très vite, je me rends compte que le nombre de missions attractives – celles qui correspondent à mes envies professionnelles – est mince.

J’effectue tout de même trois semaines dans un établissement hospitalier pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), où je suis doublée pendant deux jours, ce qui me rassure. Je suis satisfaite d’avoir trois semaines de travail devant moi plutôt que des missions de quelques jours.

Après cette mission, en réalité la seule de cette durée, puisque les autres sont des remplacements sur un week-end le plus souvent, j’intègre un établissement de lutte contre le cancer réputé dans ma région. S’enchaînent alors les CDD, compris entre un et six mois, et naît l’envie d’obtenir un CDI dans ce service où je commence à créer des liens avec l’équipe.

Inscrite sur la liste des vacataires

Mais rien à l’horizon. La déception se fait sentir et mes projets personnels, dépendants d’une situation professionnelle stable, s’effacent peu à peu. La conjoncture est telle que bon nombre de CDD ne seront pas renouvelés.

Je postule ensuite dans tous les hôpitaux de la région et dans des établissements extra hospitaliers. J’en profite pour prendre quinze jours de vacances, la première fois depuis que je suis professionnelle – quinze mois au total.

A mon retour, toujours rien. Je m’inscris finalement au Pôle emploi, je relance les employeurs... Quand les réponses tombent (si réponses il y a !) elles sont à base de « Nous n’avons pas de CDI actuellement à proposer, nous vous inscrivons sur la liste des vacataires pour des remplacements de courtes durées. » Là non plus, pas d’appels pour des remplacements.

J’ai 25 ans, un bac+3 professionnalisant, je suis infirmière et je suis au chômage.

Aujourd’hui j’attends que la situation se décante et je croise les doigts pour obtenir un travail, le CDI serait le luxe que j’espère.

Nous sommes des passagers

Chaque mois je touche une indemnisation par Pôle emploi (à peine plus d’un SMIC) et quand on étudie ce système, on se rend compte que si on accepte de travailler par-ci par-là, mais sans avoir un temps plein et assez d’heures pour obtenir un salaire mensuel décent, alors on est condamné à ne pas toucher davantage que cette indemnisation.

Oui, Pôle emploi compense pour qu’en fin de mois le total soit équivalent à l’indemnité mensuelle à laquelle j’ai le droit sans travailler. Et attention, si vous travaillez à peine plus de 110h dans le mois (un temps plein = 151h67) et que vous êtes payé au rabais (comme cela se voit chez certains employeurs privés), alors là, plus de compensation par Pôle emploi et un salaire qui risque d’être même inférieur à ce qu’on vous verse habituellement au final !

Ma situation est précaire et douloureuse quand on pense qu’il y a quelques années les infirmier(e)s étaient très demandé(e)s. Nos autres collègues avaient l’embarras du choix en terme de carrière.

Aujourd’hui on ne doit pas être difficile, on doit accepter un travail qui ne correspond pas à notre projet professionnel, si cher à nos yeux quand on sort de la formation, des horaires flexibles (les agences d’interim proposent essentiellement du travail le week-end et la nuit) mais aucune situation stable et attractive. Le salaire ne suit pas.

D’autant que des remplacements signifient une plus grande capacité d’adaptation, de mobilité, des lieux de travail inconnus (chercher le matériel constamment), et une plus grande prise de risque envers des patients ou des résidents que nous n’avons pas l’habitude de côtoyer.

Nous sommes des passagers. A l’heure où l’hôpital va mal, à l’heure où nous prônons la reconnaissance de notre profession j’ai le regret de penser qu’infirmier rime avec précarité.

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