Se connecter
Chargement ...

Euthanasie passive: décision du tribunal attendue pour Vincent Lambert Publié le 16-01-2014 à 06h20 - Mis à jour à 12h16

Publié le
Jeudi 16 Janvier 2014 à 12:38
Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononce jeudi sur la  fin de vie de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale, dont les parents s'opposent à l'euthanasie passive décidée par le corps médical en accord avec sa femme et une partie de sa famille. (c) Afp

Châlons-en-Champagne (AFP) - Le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne se prononcera jeudi sur la fin de vie de Vincent Lambert, un tétraplégique en état de conscience minimale, dont les parents s'opposent à l'euthanasie passive décidée par le corps médical en accord avec sa femme et une partie de sa famille.

Les parents, une soeur et un demi-frère de Vincent Lambert avaient saisi la justice après l'annonce du docteur Kariger, chef du service de médecine palliative du CHU de Reims, d'arrêter prochainement les traitements de nutrition et d'hydratation artificielles du patient tétraplégique en état de conscience minimale.

Tout au long des quatre heures d'audience mercredi, devant une famille divisée qui est repartie de part et d'autre de la salle en s'évitant du regard, les parties se sont opposées sur la place de Vincent Lambert dans le cadre de la loi Leonetti qui régit les droits des patients en fin de vie, son état de conscience et sa situation au sein du service de soins palliatifs

"Vincent est handicapé, il n'est pas atteint d'un mal incurable, il n'est pas en fin de vie sauf si on lui retire son alimentation et son hydratation", a expliqué au tribunal Jérôme Triomphe, l'avocat des parents du patient de 38 ans hospitalisé depuis cinq ans après un accident de la circulation. Selon lui, la loi Leonetti ne peut s'appliquer au cas de Vincent.

Avant lui, le rapporteur public avait préconisé le maintien de l'alimentation et l'hydratation artificielles du malade tétraplégique, estimant "que le patient est dans état irréversible mais que sa conscience existe et qu'il est impossible de juger du sens de sa vie". Il a par ailleurs enjoint le tribunal de rejeter la demande des requérants de transférer le patient dans un autre hôpital.

Selon le corps médical, Vincent est totalement aphasique et dans un état pauci-relationnel (état de conscience minimale) qui permet une certaine interaction avec l’environnement par la vue notamment, sans pour autant "être sûr qu'il intègre correctement les informations sensorielles".

 

Le député Leonetti estime que sa loi peut s'appliquer

 

Depuis le début de l'année 2013, le malade avait multiplié, d'après les médecins, des comportements d’opposition aux soins, "faisant suspecter un refus de vivre". En avril 2013, un premier protocole de fin de vie avait déjà été engagé mais sans consulter explicitement les parents vivant dans le sud de la France, qui avaient saisi la justice et obtenu la reprise des soins de leur fils.

L'action judiciaire avait mis au jour un conflit familial, alimenté, selon plusieurs témoignages, par les convictions religieuses très ferventes des parents de Vincent.

Lors des débats, l'avocate du CHU de Reims a insisté sur "l'obstination déraisonnable" que représente la continuation des soins "vu l'état de Vincent qui n'a pas de conscience au sens de la médecine et aucune vie relationnelle".

"Une partie de la famille, dont sa femme, a signifié que Vincent Lambert avait témoigné de sa volonté de refuser l’acharnement, mais c'est au médecin seul que revient la décision", a ajouté Me Catherine Weber-Seban.

"Personne ne souhaite s'il est bien portant être dans la situation de Vincent Lambert, mais qui peut savoir maintenant ce qu'il en pense", lui avait répondu Me Triomphe.

A l'audience, Rachel Lambert, son épouse, qui est quasi quotidiennement au chevet de son mari depuis son accident a plusieurs fois fondu en larmes, prostrée auprès de ses avocats.

"Vincent avait dit clairement qu'il n'aurait pas voulu vivre comme ça. Il était infirmier: il l'a dit à sa femme, à son frère, il connaissait ce genre de cas. C'était pas +Si j'étais dépendant de quelqu'un, je préfèrerais mourir+. C'était "Si je suis dans le coma comme ça, sans aucune vie, je ne vois pas de spiritualité là-dedans, je préfère mourir+", a déclaré sur Europe 1 François Lambert, neveu de Vincent.

Le député UMP Jean Leonetti, auteur de la législation actuelle sur la fin de vie, a estimé mercredi que sa loi pouvait s'appliquer au cas de Vincent Lambert, même si ce dernier n'est pas atteint d'une maladie incurable.

Quelle que soit la décision rendue jeudi, un recours est susceptible d'être déposé par une des parties devant le Conseil d'Etat.

Commentaires
Ajouter un commentaire

Articles Suggérés
Dernières notifications du site
il y a 1 heure
a créé un nouveau document
 
il y a 2 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 2 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 3 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 3 heures
 
il y a 3 heures
 
il y a 3 heures
 
 
il y a 4 heures
a mis à jour le réseau Centre Hospitalier JEAN PIERRE FALRET
 
il y a 4 heures
a créé un nouveau document
 
 
il y a 4 heures
vient de créer un nouveau réseau Centre Hospitalier JEAN PIERRE FALRET
 
a créé un nouveau document
 
il y a 5 heures
a mis à jour le réseau CH du Nord-Mayenne
 
il y a 5 heures
a mis à jour le réseau CH du Nord-Mayenne
 
  • 1/1
Fédération Hospitalière de France
Fédération des Etablissements Hospitaliers & d'Aide à la Personne
resah idf
UniHA
What's Up Doc, partenaire de Réseau Pro Santé
Vidal.fr - La base de données en ligne des prescripteurs libéraux