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Chirurgie à distance : les exploits d’un médecin français

Publié le
Mardi 10 Décembre 2013 à 16:54

Pionnier de la chirurgie robotique depuis vingt ans, le professeur Jacques Marescaux enchaîne les premières mondiales.

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Le professeur Jacques Marescaux, pionnier de la chirurgie robotique. (Pascal Bastien pour

Le professeur Jacques Marescaux, pionnier de la chirurgie robotique. (Pascal Bastien pour

Habitué aux premières places depuis qu'il est sorti major au concours d'internat en 1971, le professeur Jacques Marescaux, 65 ans, préside aux destinées mondiales de la chirurgie digestive. Chef de service de chirurgie digestive et endocrinienne des hôpitaux universitaires de Strasbourg jusqu'en octobre 2013, il est l'actuel patron de l'Institut de Recherche contre les Cancers de l'Appareil digestif (Ircad), qu'il a fondé en 1994, et de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU), spécialisé en chirurgie mini-invasive guidée par l'image, qu'il a également créé.

Ce praticien au rire communicatif, amateur de bons vins et de truffes, cumule les grandes premières chirurgicales assistées par ordinateur. En 1992, déjà, il fait partie des pionniers qui opèrent par petites incisions à l'aide d'une caméra et de micro-instruments. "J'ai alors su que je pourrais pratiquer une intervention chirurgicale à distance. Je passais pour un fou", sourit-il. Convaincu qu'il faut être déraisonnable pour imaginer la médecine de demain, Jacques Marescaux suit son intuition. Elle l'amène à réaliser en 2001 la première opération de téléchirurgie mini-invasive au monde.

Elu personnalité numérique 2013

Installé devant ses écrans à New York, il pratique l'ablation d'une vésicule biliaire sur une patiente endormie au CHU de Strasbourg. "L'armée américaine nous prédisait l'échec, s'amuse ce visionnaire. Eh bien nous, les 'Frenchies', on a réussi." En 2007, autre première de taille, l'opération sans cicatrice. Il extrait la vésicule biliaire d'une patiente grâce à une légère incision au fond du vagin. "On s'y est entraînés pendant trois ans, en pratiquant 6.000 interventions sur des animaux endormis au bloc opératoire de l'Ircad."

Seul chirurgien célébré par la prestigieuse revue scientifique "Nature" et élu personnalité numérique de l'année en 2013 (prix décerné par les anciens élèves de Telecom Paris Tech), l'homme de l'art forme à ses techniques 4.200 praticiens par an, venus de 94 pays. Il a ouvert un Ircad à Taïwan et un autre à Sao Paulo, après avoir créé en 2003 WeBSurg, un site internet de formation gratuite en six langues. Les plus grands chirurgiens du monde y enseignent et y diffusent les vidéos de leurs interventions.

"Outre son génie visionnaire, Jacques Marescaux est animé par le besoin de transmettre, d'où ce site, confie l'un de ses anciens stagiaires, le professeur Luc Soler, directeur en recherche et développement à l'Ircad et à l'IHU. Il a l'art d'utiliser les qualités de chacun pour faire jaillir leur talent et ne craint pas de se remettre en question en se confrontant aux plus jeunes et aux autres experts." L'Institut hospitalo-universitaire, qu'il a créé en 2011, est à la fois centre de recherche, de formation et de soins, exclusivement voué à la chirurgie mini-invasive guidée par l'image. En attendant les nouveaux locaux high-tech de l'institut, prévus pour 2015, "où les labos, les salles d'enseignement, les neuf blocs opératoires humains et les quatre blocs expérimentaux seront uniques au monde", le grand patron continue d'enchaîner les premières.

Chirurgie en 3D

Ainsi, en juillet 2012, il opère un cancer du foie par chirurgie robotisée, guidée par la réalité augmentée. C'est la suite logique de la mise en place de la 3D au coeur de ses interventions début 2000 : "Nous modelons un clone 3D de l'organe du malade, à partir d'une IRM ou d'un scanner. Nous pouvons alors préparer le geste chirurgical parfait en vue de l'opération en prévoyant la place des caméras et des instruments au millimètre près."

A partir de ces images 3D, le patient visualise, lui, sa maladie sur iPad avec son chirurgien : "Il peut ainsi comprendre sa pathologie, c'est important", explique Jacques Marescaux, pour qui les relations avec ses malades sont essentielles. "On pourrait penser qu'opérer par robots interposés l'éloigné des personnes. C'est tout le contraire, affirme Luc Soler. Il leur consacre énormément de temps, il aime discuter de tout avec eux et expliquer mille fois une décision." Un goût des autres, assurément.

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