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La possibilité de changer de spécialité en cours d'exercice Les voies de la médecine sont interpénétrables

Publié le
Jeudi 19 Septembre 2013 à 19:32

Un décret paru au « Journal officiel » va permettre à tous les diplômés en médecine de changer de spécialité en cours d'exercice. Attendue depuis de nombreuses années par certains syndicats, cette disposition dispensera les praticiens de repasser par l'internat pour obtenir une qualification de spécialiste différente de la leur.

 

UN NEUROCHIRURGIEN qui de­vient neurologue, un rhumato­logue qui se tourne vers la méde­cine du travail... Pour changer de discipline, il ne sera bientôt plus nécessaire de repasser le concours de l'internat. La créa­tion de passerelles va permettre à tous les diplômés en médecine de se consacrer à une autre spécia­lité, à condition que « le médecin justifie d'une formation et d'une expérience qui lui assurent des compétences équivalentes à celles qui sont requises pour l'obten­tion du diplôme d'études spécia­lisées(DES) ou du diplôme d'études spécialisées complémen­taires (Desc) de la spécialité sol­licitée ».

Le décret relatif aux conditions dans lesquelles se dérouleront ces changements de spécialité est paru le 21 mars au « Journal offi­ciel ». Il précise que l'obtention de cette qualification relève de la compétence de l'Ordre des méde­cins « Les décisions sont prises par le conseil départemental de l'Ordre après avis d'une commis­sion de qualification constituée par spécialités. » Un prochain ar­rêté ministériel fixera la composi­tion des commissions, la procé­dure d'examen des dossiers et la liste des spécialités concernées.Après « quinze ans d'attente », le Dr Michel Chassang, président de la Confédération des syndicats médicaux français (Csmf), se féli­cite de l'application du décret, mais il demande au gouverne­ment d'intervenir rapidement afin que « cette avancée décisive soitopérationnelle dans les meilleurs délais ».

Selon lui, le texte marque un pas important « pour tous ceux qui souhaitent changer d'orientation au cours de leur carrière profes­sionnelle mais également pour la régulation de la démographie médicale qui disposera enfin d'un levier plus rapide et mieux ciblé ». Il juge que cette mesure « intelligente » doit être exploi­tée « avant de parler de transfert de compétences vers les profes­sions paramédicales ». Pour le Dr Dinorino Cabrera, pré­sident du Syndicat des médecins libéraux (SML), cet « excellent » décret va permettre par exemple à « un chirurgien qui aurait un problème avec ses mains ou à un cardiologue qui souffrirait d'un problème d'audition », d'éviter de mettre un terme à sa carrière. « Il y a dix ans, quand la population médicale était plus étoffée, beau­coup de médecins ont pris le Mica à l’age de 54 ou 55 ans. Certains auraient été tentés de chan­ger de spécialité si cela avait été possible », commente le Dr Cabrera. Aujourd'hui, cette mesure pourrait aider les médecins qui veulent changer de voie d'orien­tation après dix ans d'exercice ou souffrent d'un phénomène de las­situde. Les médecins spécialistes dont la discipline est sur-représen­tée dans leur agglomération pour­ront, s'ils le souhaitent, se recon­vertir dans une autre spécialité qui leur permettra de rester dans leur région. Le président du SMLpense déjà à l'avenir « Quand les procédures seront en place, il faudra trouver les moyens pour la formation et l'incitation des médecins qui souhaitent s'enga­ger dans cette démarche »

 

Les réserves de MG-France. Le Dr Pierre Costes, président de MG-France, se montre moins en­thousiate que ses confrères. Il craint que le décret de réorienta­tion post-DES ne tienne pas suffi­samment compte de la compé­tence professionnelle préalable àla nouvelle spécialité « Si un médecin a un diplôme de cardio­logie et souhaite exercer la chi­rurgie, il lui faudra faire preuve d'un diplôme complémentaire ou d'un exercice particulier, de même qu'un praticien devra montrer ses compétences en termes de soins primaires pour exercer la médecine générale. » Selon lui, la commission de la qualification, qui aura pour tâche de veiller à la réorientation des médecins, doit être composée es­sentiellement des membres de la discipline visée. « Dans un pays où il y a deux médecins spécia­listes pour un généraliste », le Dr Costes indique que ce texte est insuffisant « si on ne réforme pas plus profondément la formation en fonction des besoins sani­taires réels ». Il ajoute qu'il préfé­rerait que le gouvernement ren­force le nombre de postes ouverts à la médecine générale en DES plutôt que d'organiser les réorien­tations post-DES. La présidente de l'Association na­tionale des étudiants en médecine de France (Anemf), Amandine Brunon, estime pour sa part que le système qui voit le jour est très important pour les futures géné­rations de médecins « La méde­cine est en pleine mutation et une spécialité n'aura pas le même visage dans vingt ans. Chacun pourra alors rebondir plutôt que de s'engouffrer à ja­mais dans une voie qui n'est peut-être pas la sienne. »

                                                                                                             CHRISTOPHE GATTUSO

 

« Une bouffée d'oxygène »,

affirme le Pr Jacques Roland

Le Pr Jacques Roland se réjouit de la parution au « Journal officiel » du dé­cret relatif au changement de spécialité des docteurs en médecine. « Depuis la réforme des études médicales en 1983, les médecins ne pouvaient pas changer de spécialité sans repasser l'internat. Ce décret répare une injustice et apporte de la souplesse à notre système de diplômes, très rigide », indique le président de la section Formation médicale et qualifications à l'Ordre des médecins. « L'idée qu'un médecin peut aujourd'hui infléchir sa carrière est une sacrée bouffée d'oxygène dans notre système de santé, qui est très cloi­sonné, avec ses 53 différents métiers médicaux », ajoute-t-il.

Le Pr Roland prend l'exemple d'un médecin généraliste qui a récemment passé la capacité de gérontologie, et souhaiterait exercer la gériatrie à plein-temps. « Il lui suffira de solliciter son conseil départemental de l'Ordre des médecins et de constituer un dossier à remettre à la future commission de qualification en gériatrie. » Cette commission, dont la composition n'est pas encore enca­drée par un texte de loi, devrait selon toute vraisemblance être présidée par un universitaire et compter quatre autres membres: deux désignés par les orga­nisations professionnelles et deux autres par l'Ordre.

« Près de 900 médecins ont déjà exprimé à leur conseil départemental le souhait de changer de spécialité », précise le Pr Roland. Selon lui, le décret devrait profiter à la gériatrie ou aux urgences, nouveaux métiers médicaux. Mais il met en garde « li faudra veiller à ce que les médecins de certaines spécialités ne la quittent pas en masse ou ne se tournent vers d'autres en vogue. » Jacques Roland souligne également une imperfection du texte « Un généraliste qui devient gériatre à exercice exclusif ne pourra plus prendre de gardes de médecine générale, par exemple... »

 

 http://www.snude.org/public/4_les_archives/4_documents_divers/QdM_Changer_specialite.htm

 

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