Dans les jours ou les semaines qui ont suivi leur vaccination contre le cancer du col de l’utérus, des femmes estiment avoir été victimes de graves effets secondaires. Hier, neuf nouvelles plaintes ont été déposées au parquet de Bobigny par leur avocate, Me Camille Kouchner, pour «atteinte involontaire à l’intégrité physique et tromperie aggravée». La plainte ne vise pas nommément le laboratoire Sanofi Pasteur MSD, qui a lancé en 2006 ce vaccin contre le cancer du col de l’utérus - près de 1 000 décès chaque année -, en particulier chez des femmes autour de 50-60 ans.

Sclérose. Fin novembre, Marie-Océane, une adolescente vaccinée par le Gardasil et ayant contracté par la suite une sclérose en plaques, avait également porté plainte, mais directement contre le laboratoire et l’Agence du médicament pour «atteinte involontaire à l’intégrité de la personne humaine».«Mes neuf clientes sont âgées aujourd’hui de 18 à 41 ans et ont toutes contracté une maladie très invalidante dans les jours, ou maximum trois mois, après leur vaccination», explique Me Camille Kouchner à Libération.

Cinq d’entre elles ont contracté la maladie de Verneuil (qui provoque des abcès), une autre souffre de myasthénie (maladie neuromusculaire). Morgane, âgée aujourd’hui 19 ans et vaccinée il y a cinq ans, a, elle, contracté la maladie de Guillain-Barré. Elle est restée paralysée plusieurs semaines suite à l’injection.«J’attends des réponses et j’aimerais éviter que cela arrive à d’autres filles»,témoigne la jeune femme, qui dit toujours souffrir de tremblements. Me Camille Kouchner indique avoir encore «une cinquantaine de dossiers», et que de nouvelles plaintes pourraient être déposées rapidement.

Décalage. Fin novembre, après la plainte de Marie-Océane, le laboratoire Sanofi Pasteur MSD avait démenti tout lien entre le Gardasil et le déclenchement de maladies comme la sclérose en plaques. «Tout vaccin, aussi banal soit-il, comporte un risque, avait alors expliqué à Libération le professeur Bégaud, pharmacologue auteur d’un rapport sur le bon usage du médicament. Dans le Gardasil, toute la difficulté réside dans le décalage qui existe entre un risque éventuel lors des injections pour la jeune ado, et le risque futur d’un cancer qui pourrait survenir trente ou quarante ans plus tard. Ce n’est pas simple, ni à comprendre ni à accepter.»

Violette LAZARD