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Des internes en taule ! Les prisons vue par les jeunes médecins qui y travaillent.

Publié le
Mardi 10 Juin 2014 à 09:50
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Alors que pendant l’été les ministres de l’intérieur et de la justice s’écharpaient sur la réforme pénale, la rédaction de « H » rencontrait des internes qui travaillent aux côtés des détenus. Les jeunes médecins nous racontent leur « indignation » du premier jour, les lenteurs du système pénitentiaire, et… leurs parties de cartes avec les prisonniers.

De son premier jour derrière les barreaux, Déborah garde un « assez mauvais souvenir ». À peine a-t-elle passé les lourdes grilles de la prison que déjà le temps s’étire. « À chaque porte on attend. Le temps de rejoindre le service, on peut compter vingt minutes et une dizaine de portes. » Ambiance Prison Break, la jeune femme se tend. « Il y a des détenus qui crient, ou qui te regardent fixement. » L’appréhension monte. « Je me suis dit que ça allait être difficile », se souvient l’interne en psy. Passé le choc du premier jour, finalement chacun s’adapte et dédramatise. « Si comme moi vous avez tendance à être en retard, il faut partir 20 minutes plus tôt », lance en rigolant Viridiana, interne en médecine générale à la prison de Fresnes.

Crispations — « Cette lenteur, je pense qu’elle est voulue », juge Déborah. Chacun marche au pas, au propre comme au figuré. « Un de mes chefs disait : à l’époque les prisonniers avaient des boulets aux pieds, c’est le même principe », confie l’interne. Une inertie qui pèse sur son quotidien au sein du Service médico-psychologique régional (SMPR) de la maison d’arrêt. « Tout est plus compliqué en milieu carcéral » et fait d’imprévus : « Les promenades ne sont pas à heure fixe, il peut y avoir des parloirs, des rendez-vous avec les avocats. » Autant d’événements qui passent avant les rendez-vous médicaux. « Tu ressens presque la privation de liberté, même en tant que médecin. » Les services de soins restent tributaires du bon vouloir de l’administration. Pas toujours simple à gérer au quotidien. « Sur l’hébergement, normalement il y a deux surveillants. Un peu toujours les mêmes, avec qui ça se passe plutôt bien. » Parfois, faute de moyens, le service est délesté d’un agent, envoyé en renfort dans un autre service. « Normalement, il doit y avoir un surveillant lors de la distribution des médicaments, deux pour ouvrir une porte… il y a des procédures, et quand on n’a pas le personnel suffisant, tout est ralenti ou repoussé. » Ce qui, de l’aveu de Déborah, crée « des crispations ». D’autant plus que la culture n’est pas la même. « La pénitentiaire ne comprend pas notre travail. En gros, elle pense qu’on ne sert à rien. Quand un mec a pris 20 ans de taule, elle s’en fout qu’on s’occupe de ses angoisses. Ce qu’elle veut, c’est juste qu’il n’y ait pas de débordements. »

reseauprosante.fr

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