Se connecter
Chargement ...

Sages-femmes : "Un métier formidable, un statut fort minable"

Publié le
Mardi 17 Décembre 2013 à 13:49

Le mouvement débuté en octobre dernier s'installe dans la durée : "Nous sommes déterminées à obtenir notre statut médical", explique le Collectif des grévistes.

Partager sur Facebook
113
Partager sur Twitter
68
Partager sur Google+
5
Partager sur Linkedin
2
Envoyer cet article à un amiRéagir
9

Fabienne, sage-femme depuis 1986 à l'hôpital de Verdun se bat pour obtenir son statut médical. (Louis Morice - Le Nouvel Observateur)

Fabienne, sage-femme depuis 1986 à l'hôpital de Verdun se bat pour obtenir son statut médical. (Louis Morice - Le Nouvel Observateur)
SUR LE MÊME SUJET

Il y a quelque chose de Stromae en cette fin d'année sociale : "Un métier formidable, un statut fort minable", scandent les sages-femmes qui battent le pavé parisien, lundi 16 décembre, en direction du ministère de la Santé. Ces dames - puisque force est de constater que le métier reste presque exclusivement féminin, avec 98% de femmes – demandent la reconnaissance de leur statut médical.

Le Code de santé publique a beau les placer sur un pied d'égalité avec les pharmaciens, les médecins et les dentistes, elles restent dans les faits, à l'hôpital, considérées comme personnel paramédical. Avec une grille salariale paramédicale.

 
 

"Mais aujourd'hui, on n'est pas là pour les salaires, même si on ne cracherait pas sur une augmentation", prévient Nachida, sage-femme depuis trois ans à l'hôpital de Colombes. "On est là pour notre statut et notre autonomie." Du haut de ses 27 ans, elle revendique son master de Santé publique, sa formation en acupuncture et en éthique de la santé :

Je n'ai pas juste cinq années d'études, je veux que mes diplômes soient reconnus !"  

Nachida insiste donc sur la reconnaissance de praticien de premier recours : "Toutes les études montrent que cela permet une plus grande efficacité, avec une baisse de la mortalité fœtale et néonatale."

Sortir des incohérences actuelles

Pour mettre fin à cette incohérence entre ce que dit le Code sur leur statut et la réalité de leur traitement, et pour obtenir plus d'autonomie, les sages-femmes veulent donc quitter la fonction publique hospitalière. Concrètement, cette sortie leur permettrait d'exercer tout autant en hôpital et en libéral - comme un dentiste ou un pharmacien.

Cette revendication d'autonomie passe mal auprès des grosses centrales syndicales, ostensiblement absentes du cortège. Fabienne, 48 ans, sage-femme à l'hôpital de Verdun depuis 1986, observe : 

En dehors de l'Organisation nationale Syndicale des Sages-Femmes, la CFTC est la seule centrale qui nous soutient."

S'appuyant sur les revendications d'un autre syndicat de sages-femmes, l'UNSSF - qui souhaite rester au sein de la fonction publique hospitalière - la CGT estime qu'il y a trop à perdre à en sortir : fin de 35 heures et retraites plus tardives. "Nous, et nous sommes largement majoritaires, on veut sortir de la situation actuelle où nous sommes coincées", explique Fabienne.

Représentante du Collectif des sages-femmes, Caroline Raquin insiste sur les incohérences actuelles, qui aboutissent à des situations ubuesques, notamment pour les sages-femmes qui enseignent : "Comme elles n'ont pas le statut hospitalo-universitaire, elles sont obligées de prendre des RTT ou des dispos pour pouvoir enseigner." Prescription, suivi... Les sages-femmes assument au quotidien des responsabilités de médecin que leur statut actuel devrait leur interdire. "Le Conseil de l'ordre des sages-femmes le dit : on est hors la loi tout le temps, et c'est accepté par tous", résume Caroline Raquin.

"Fini la concertation, on veut des propositions"

La dernière réunion de concertation au ministère de la Santé, mardi 10 décembre, n'est pas parvenue à calmer la colère du Collectif. "On nous parle de concertation alors que nous voulons des négociations", prévient Caroline Raquin. "La dernière fois, nous avons quitté la table puisqu'il n'y avait aucune proposition alors que nous avons remis tous les documents en début d'année à Marisol Touraine. Si elle ne répond pas, on s'en va."

L'arbitrage de Marisol Touraine est attendu pour vendredi mais le ministère a promis des réponses pour la réunion de ce lundi. "On va vers une reconnaissance du statut médial mais en restant dans la fonction publique", pressent Fabienne. Une solution intermédiaire qui ne satisferait pas le Collectif, car l'autonomie temps souhaitée ne serait pas complète :

On resterait séparées des autres, noyées dans la masse des paramédicaux."

Débutée en octobre, la grève s'installe : "Nous sommes prêtes à aller jusqu'au bout", lance Fabienne. Afin de prouver leur détermination, elles ont installées un campement depuis trois semaines devant le CHU de Grenoble. D'autres ont suivi comme à Lyon ou à Paris.

Commentaires
Ajouter un commentaire

Articles Suggérés
Dernières notifications du site
il y a 9 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 10 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 10 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 11 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 11 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 13 heures
a créé un nouveau document
 
il y a 16 heures
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a créé un nouveau document
 
a rejoint le réseau CH de Voiron
 
 
vient de créer un nouveau réseau COMMUNE DE MESQUER-QUIMIAC
 
 
vient de créer un nouveau réseau MAIRIE DE LE VAUDOUE
 
  • 1/1
Fédération Hospitalière de France
Fédération des Etablissements Hospitaliers & d'Aide à la Personne
resah idf
UniHA
What's Up Doc, partenaire de Réseau Pro Santé
Vidal.fr - La base de données en ligne des prescripteurs libéraux