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« Je ne comprends pas pourquoi le stérilet n'est pas plus proposé »

Publié le
Mercredi 14 Mai 2014 à 12:52

 

Plus de 50 femmes ont répondu, mardi 13 mai, à l'appel à témoignages publié sur Le Monde.fr, suite à la publication par l'INED et l'Inserm d'une étude montrant que la controverse autour des pilules de 3e et 4e générations avait accentué le basculement vers une plus grande diversité de pratiques contraceptives. Elles racontent pourquoi elles ont choisi d'utiliser des préservatifs ou de se faire poserun stérilet plutôt que de continuer à prendre la pilule.

LE CHOIX DU STÉRILET

  • « Au quotidien je suis bien contente d'avoir un stérilet, mais j'ai plus de regrets au moment de mes règles », par Clémence, 24 ans, Montréal, Canada

Je n'étais pas en France quand la controverse a éclaté mais je l'ai suivie de loin. Quand je suis rentrée, j'ai entendu plusieurs de mes copines me parler du stérilet. Leur motivation principale était principalement d'arrêter de « prendre des hormones », sans trop parler de la controverse. C'était plutôt un phénomène demode : ça allait avec manger plus de légumes bio, limiter le lactose et le gluten ! Je me suis laissée convaincre, non pas pour des raisons économiques, car ma pilule était entièrement remboursée par la sécu, mais parce que devant repartir encore plusieurs semestres à l'étranger ça devenait compliqué de m'approvisionner (...). Ma gynéco m'a dit que beaucoup de patientes de mon âge étaient déjà venues pour la même chose dans les mois précédents. Au quotidien je suis bien contente d'avoir un stérilet, mais j'ai plus de regrets au moment de mes règles, que je ne contrôle absolument plus et qui sont bien plus douloureuses.

 
  • « Je ne comprends pas pourquoi le stérilet n'est pas plus proposé, ni soutenu par le corps médical », par Marion, 24 ans, ingénieure

Même si les débats récents autour de la pilule ont participé à mon choix dechanger de contraception, ils ne sont pas le seul facteur. Au fil du temps, la pilule est devenue pour moi plus une contrainte qu'une liberté. Non seulement j'imposais un traitement hormonal à mon corps, mais la prise journalière et le besoin de fairerenouveler son ordonnance régulièrement étaient des contraintes. Même si d'autres solutions hormonales moins contraignantes existent (patch, anneau vaginal...) je n'ai pas souhaité continuer ce type de contraception, et mon médecin m'a soutenue dans ce choix. J'ai donc choisi le stérilet : solution de long terme (cinq ans puisque je n'ai pas encore eu d'enfant), peu cher, non hormonal. Malgré les douleurs de la pose et des premiers cycles, je ne regrette pas mon choix. Si l'on compare les coûts d'un stérilet (l'objet et les deux visites médicales pour la pose et le contrôle) et celui de la pilule (12 plaquettes par an et au moins une visite médicale par an), je ne comprends pas pourquoi le stérilet n'est pas plus proposé, ni soutenu par le corps médical, l'Assurance-maladie en particulier.

  • « Le stérilet fait encore peur », par Camille, 24 ans, Noisy-le-Grand, étudiante

J'étais sous pilule depuis mes 16 ans, et ce pendant sept ans. Pas vraiment de problèmes pendant tout ce temps. La routine d'une femme : une première pilule essayée mais ne convenant pas (prise de poids, vertiges, maux de tête), puis une pilule faiblement dosée (Jasminelle) pendant toutes ces années. Prise de poids, mais c'était le prix à payer pour ma tranquillité. Quand les scandales ont éclaté je me suis inquiétée. Ma mère et mon médecin me disaient que si je n'avais pas eu de souci jusqu'ici, pourquoi changer ? Pourquoi ? Ben... j'ai peur, je sais pas, on sait jamais. On dit que je me fais des films, que je devrais oublier. Sauf qu'en attendant ma meilleure amie a eu une endométriose à cause de sa pilule, et a failli en devenir stérile ! Je me suis tournée vers le stérilet au cuivre. Ma gynéco a tout de suite accepté, depuis j'en suis ravie, j'ai maigri, mon appétit est régulé, mon humeur aussi et il ne me procure aucune gêne. Finalement ce sont mes amies qui me traitent de folle (par ignorance) : le stérilet fait encore peur... Il y a le mot« stérile » dedans et inconsciemment cela rebute toujours énormément de jeunes comme moi, sans oublier la légende du « interdit au nullipares ». Foutaises, jamais je ne me suis sentie aussi bien.

  • « La décision d'arrêter la pilule est venue après les controverses sur sesdangers », par Ava, 25 ans, Nanterre

J'ai 25 ans, et je prenais la pilule depuis mes 15 ans. La décision d'arrêter la pilule est venue après les controverses sur ses dangers, même si je pense que cette contraception est une révolution pour les femmes. J'ai souhaité arrêter la pilule pour plusieurs raisons : la prise d'un médicament chaque jour devient pesante, car c'est un médicament. La seconde raison qui m'a fait arrêter la pilule est la prise d'hormones, je souhaitais retrouver une contraception sans hormones etrecouvrer un cycle « naturel » au bout de dix ans. Enfin, la raison économique est non négligeable : 40 euros tous les trois mois non remboursés.

J'ai décidé, en accord avec mon médecin, de me faire poser un stérilet. J'y gagne économiquement (le prix de la consultation et le stérilet étant remboursés en grande partie, je n'ai payé que 11 euros). Mais j'ai l'impression d'y gagnerégalement du point de vue de ma santé, je ne prends plus d'hormones et mon cycle est désormais naturel. Etant donné que je suis fumeuse, la pilule représentait d'autant plus un danger. Je pense qu'une communication autour du stérilet pour les jeunes femmes n'ayant pas eu d'enfant serait un plus. J'ai eu la chance d'avoir une médecin favorable à la pause chez les jeunes femmes et très rassurante.

RETOUR AU PRÉSERVATIF

  • « Même si retourner au préservatif a été bizarre au début, je m'en porte très bien, et ma libido aussi », par Edith, 27 ans, Paris, professeure

Quelques mois avant la controverse, j'avais déjà choisi d'arrêter la pilule, mais j'hésitais, car l'habitude et le confort de dix ans de prise de pilule ne sont pas faciles à arrêter. Mais une baisse de libido très importante me gâchait la vie, et ma pilule me coûtait très cher (pas remboursée comme beaucoup des dernières générations). Après l'affaire Diane 35, j'ai arrêté. Ne voulant aucun contraceptif hormonal (histoire d'être cohérente), ne pouvant me faire poser de stérilet (déconseillé pour les règles douloureuses), mon compagnon et moi sommes tout simplement retournés au... préservatif ! Simple et efficace. La gynécologue n'a jamais voulu écouter mes interrogations sur cette baisse de libido que je pensais liée à la pilule.( ...) Je me suis renseignée seule, en parlant avec mes amies, sur des forums, et au final, même si retourner au préservatif a été bizarre au début, je m'en porte très bien, et ma libido aussi.

  •  « J'ai eu l'impression de courir un risque très important », par Elise, 25 ans, journaliste

En décembre 2012, j'ai décidé – sans en avoir parlé avec mon médecin – d'arrêterla pilule à cause de la controverse autour de ce moyen de contraception, très relayée par les médias. De nature anxieuse, quand j'ai entendu que Diane 35 pouvait être dangereuse, j'ai presque immédiatement laissé tomber, en plein milieu d'une plaquette. C'est ridicule, mais un soir, au moment où j'ai voulu la prendre, j'ai eu l'impression de courir un risque très important, j'ai eu peur de faire un AVC ou je ne sais quoi. Avec le recul, je trouve ma réaction complètement disproportionnée. Je prenais cette pilule depuis sept ans. A l'origine, mon médecin me l'avait prescrite comme traitement contre l'acné. Puis c'était naturellement devenu mon contraceptif (le plus souvent prescrit par mon dermato). Entre décembre 2012 et avril 2013 (où j'ai eu un premier rendez-vous avec ma gynéco), mon compagnon et moi avons utilisé des préservatifs. En avril, j'ai demandé à ma gynéco si elle était « pour » le stérilet pour les femmes n'ayant jamais eu d'enfant (c'est mon cas, j'avais alors 24 ans). Elle m'a dit que oui. Quelques semaines plus tard, elle m'a donc posé un stérilet au cuivre.

  • « Lorsque se sont multipliées les révélations sur les pilules de 3egénération, ça a été le déclic », anonyme, 25 ans, danseuse

Commencer la pilule à 18 ans a été un véritable enfer : vomissements quotidiens, pertes continues pendant des mois, évanouissements... et surtout, l'impression de ne plus comprendre mon corps. Il m'a fallu au total presque un an avant de trouverla pilule adéquate – et encore, les effets secondaires continuaient de rendre ma vie difficile. Plus de libido, l'impression de gonfler, perte d'appétit, sautes d'humeur – j'arrête là, mais la liste est longue. D'ado en bonne santé, je me suis transformée en adulte toujours KO, toujours patraque. A chaque fois la réponse de la gynéco était la même : « C'est un mal pour un bien. »

Lorsque se sont multipliées les révélations sur les pilules de 3e génération, ça a été le déclic. Je me suis rendue compte que j'imposais à mon corps de très fortes doses hormonales. Au nom de quoi ? Empêcher une grossesse ? Un plaisir accru pendant l'acte sexuel, afin d'éviter d'utiliser le préservatif avec mon petit-ami, lequel, d'ailleurs, me demandait depuis longtemps d'arrêter la pilule, inquiet de ses conséquences. Depuis un an et demi, je ne prends plus la pilule. J'ai retrouvé l'appétit, et surtout j'ai l'impression de communiquer à nouveau avec mon corps. Je le comprends. Je n'ai plus de saute d'humeur, et ma libido se porte à merveille malgré le préservatif. Certes, il y a toujours cette petite peur lorsque mes règles sont en retard d'un jour ou deux... Mais, pour l'instant, je ne regrette vraiment pas mon choix.

  • « En arrêtant la pilule, je me suis sentie libérée et plus en phase avec mon corps, mes cycles, mon rythme », par Hélène, 30 ans, Besançon

J'ai bientôt 30 ans et ne prends plus la pilule depuis plus de sept ans maintenant. J'ai changé bien avant cette controverse. Je suis avec le même compagnon depuis près cinq ans. Dès le début de notre relation, il a accepté de mettre un préservatif. En arrêtant la pilule, je me suis sentie libérée et plus en phase avec mon corps, mes cycles, mon rythme biologique. Mes règles sont redevenues régulières et nous avons même pu parfois opter pour des méthodes dites naturelles (date, retrait...) au grand dam des deux gynécos successifs vus en région parisienne à l'époque... Tout ça pour dire que nous restons en France très axés sur la pilule comme moyen de contraception sans connaître notre corps etexplorer d'autres possibilités.

Oui, la pilule est sans doute une solution pour les ados ou dans certains cas. Mais elle empêche parfois d'échanger en toute confiance avec certains professionnels de santé qui la prescrivent d'emblée sans exposer différentes manières de faire. C'est à 30 ans, en attendant mon premier enfant, que je découvre que l'on peutconsulter une sage-femme pour la contraception, le rôle majeur du périnée dans notre vie de femme. »

MÉTHODE DU RETRAIT

  • « Pour l'instant je n'ai aucun moyen de contraception, juste “le retrait” car je suis sans emploi », par Anne-Sophie, 22 ans,  Brest, sans emploi

J'ai 22 ans, j'ai arrêté la pilule seule, du jour au lendemain, il y a un an et demi à cause de tous les risques pour la santé que cela engendre. Grâce à cet arrêt, j'ai également perdu 15 kg en quatre mois que j'avais petit à petit pris en quelques années. Il est hors de question pour moi de reprendre quelques pilules que ce soit. On ne nous dit pas tout, on est très mal renseigné... Alors pour l'instant, je n'ai aucun moyen de contraception, juste « le retrait » car je suis sans emploi (et sans revenu). Dès que j'en aurai les moyens, j'opterai sûrement pour un stérilet. En attendant, j'espère ne pas me retrouver enceinte, ce serait encore plus coûteux !

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